Introduction aux études urbaines

Claude Calmettes

Les efforts entrepris par le C.E.B. pour sensibiliser la population, les élus, l'administration à travers les recherches, les relevés, les enquêtes, les réunions, les conférences, les expositions, ne peuvent s'arrêter à ce stade, sous peine de renoncement à tous les objectifs de remise en lumière de la valeur patrimoniale des bastides à travers les réussites exemplaires de leur urbanisme spécifique.

Tout le travail consacré à la connaissance de ce phénomène de création médiévale n'est pas destiné à rester au placard. Après avoir dégagé l'essentiel de ce que représentent ces bastides, après avoir convaincu ceux qui détiennent le pouvoir et les moyens d'agir, il importe de mettre l'accent sur les actions à mener pour établir un diagnostic pour chaque bastide permettant de relancer à bon escient leur développement socio-économique et leur dynamique culturelle.

La valeur indiscutable de ces agglomérations justifie, amplement, l'adaptation volontaire des analyses nécessaires à l'établissement de ce « BILAN » indispensable à la prise de décision. C'est la carte d'identité des bastides que nous proposons pour leur donner la capacité d'agir en fonction de la connaissance de leurs moyens et des possibilités offertes par les orientations contenues dans le Livre Blanc. Ces orientations ne serviraient pas à grand-chose si elles n'étaient pas confrontées à la réalité d'une ÉTUDE URBAINE à la mesure de l'importance de chaque bastide reconnue comme telle.

Une ÉTUDE URBAINE, c'est ce que le C.E.B. avance comme préalable à toute action qui voudrait se considérer comme justifiable. Aux différents postes relevés dans les « constats » de ce document global doit répondre une définition des possibilités de chacune de ces bastides, volontaire pour le développement durable auquel elle aspire. À travers l'expérience acquise auprès de nombreuses agglomérations, après l'établissement de ce BILAN et le suivi auprès des collectivités locales acquises à cette démarche, il est possible d'établir un jugement sur l'efficacité de cette politique. Il faut tenir compte du fait que dans chaque procédure retenue par les pouvoirs publics mettant en cause des financements programmés ce principe d'analyse préalable est contractualisé, que ce soit pour des O.P.A.H., des Z.P.P.A.U.P., des Secteurs Sauvegardés, voire des Zones Protégées. On peut regretter que ces analyses ne servent que pour justification des décisions préalables, la plupart du temps, et ne sont pratiquement jamais réutilisées dans le cadre d'autres réalisations.

C'est pourquoi la politique préconisée par le C.E.B. s'appuie sur un document d'étude définissant une catégorie particulière d'agglomérations pour laquelle il convient de programmer un certain nombre d'actions. C'est l'adéquation des capacités de faire de ces agglomérations qu'il convient de tester à partir des analyses menées sur le terrain. Ce BILAN de santé de chaque bastide doit permettre aux élus autant qu'aux habitants-citoyens desdites agglomérations de connaître la réalité concrète de ce patrimoine à transmettre en état de marche. Ils devront pouvoir répondre aux questions que se posent les responsables quels qu'ils soient :

plan bastide villefranche
Villefranche de Rouergue

Voirie

plan bastide villefranche
Villefranche de Rouergue

Epannelage

À qui appartient la « ville » ? Quel en est l'état sanitaire ? De quel patrimoine sommes-nous responsables ? De quels équipements avons-nous réellement besoin ? Devons-nous construire ? Pour quoi faire ? Quels sont nos atouts ? Pouvons-nous accueillir des enfants, des malades, des emplois, des visiteurs, des étudiants ? Avons-nous des réserves foncières ? Avons-nous un budget adapté à nos besoins ? … ?

Avant de répondre et avant de continuer à se poser des questions, il serait utile de consulter le contenu d'un diagnostic établi dans le but justement de définir les capacités de la commune. Nous parlons des capacités physiques, sociales, économiques, culturelles, administratives et techniques que doit mettre en évidence le BILAN pour se transformer en DIAGNOSTIC, à savoir :

• Sous la forme de documents graphiques s'appuyant sur le cadastre établi au 1/2000e :

- le bâti et le non-bâti ;
- les espaces publics et les espaces privés ;
- la volumétrie générale (épannelage) ;
- les matériaux (façades, toitures) ;
- l'état du bâti ;
- l'occupation du bâti ;
- la fonction du bâti ;
- les équipements du centre ;
- les équipements de la commune ;
- la qualité architecturale.

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plan bastide villefranche
Monflanquin

Voirie

plan bastide villefranche
Monflanquin

Espaces vides

plan bastide villefranche
Sauveterre de Rouergue

Voirie

plan bastide villefranche
Sauveterre de Rouergue

Epannelage

• Sous la forme de documents établis au 1/5000e :

- les voiries et espaces publics (nature des matériaux et fonctions) ;
- l'évolution urbaine des origines à aujourd'hui.

• Sous la forme d'un rapport

État des lieux commenté.

• Sous la forme d'un inventaire

Inventaire photographique.

Ceci, sous réserve des particularités rencontrées dans l’analyse, est un cadre de base expérimenté sur de nombreuses agglomérations.

Le Livre Blanc des Bastides pp132-133



la bastide de Villefranche de Rouergue Villefranche de Rouergue la bastide
Villefranche de Rouergue : la Collégiale et le marché.

bastide
Villefranche de Rouergue : la place du marché en fête et la place de la fontaine

bastide de monflanquin bastide de monflanquin
Monflanquin : la place en fête et la place de la fontaine

bastide de monflanquin bastide de monflanquin
Monflanquin : le marché et une ruelle

bastide de sauveterre de rouergue bastide de sauveterre de rouergue
Sauveterre de Rouergue : la place et le marché

bastide de sauveterre de rouergue bastide de sauveterre de rouergue
Sauveterre de Rouergue : les arcades et une rue

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- Mise à jour de cette page le : 06/04/2010 -
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